Les Principales Maladies du Cheval : Colique, Fourbure, Tendinite — Guide de Prévention
Santé du Cheval·16 min·18 mai 2025

Les Principales Maladies du Cheval : Colique, Fourbure, Tendinite — Guide de Prévention

Colique, fourbure, tendinite, gourme, MCNS — ces maladies du cheval peuvent être graves ou fatales si elles ne sont pas reconnues tôt. Ce guide vous aide à identifier les signes d'alarme et à prévenir les pathologies les plus fréquentes.

Les Principales Maladies du Cheval : Guide de Prévention et de Reconnaissance

Reconnaître les signes précoces d'une maladie peut faire la différence entre une guérison complète et des séquelles permanentes — ou entre la vie et la mort dans les cas les plus graves. Ce guide passe en revue les pathologies les plus fréquentes chez les équins, avec leurs signes cliniques, leurs causes et leurs moyens de prévention.

La Colique : L'Urgence Numéro Un

Définition

La colique n'est pas une maladie unique mais un syndrome — une douleur abdominale dont les causes sont multiples. C'est la première cause de mortalité non accidentelle chez le cheval. Selon les statistiques vétérinaires, environ 10% des chevaux feront une colique grave au cours de leur vie.

Types de Coliques

La colique spasmodique : La plus fréquente et la moins grave. Contractions intestinales douloureuses sans occlusion. Cause : changement brutal d'alimentation, stress, froid, eau trop froide après effort. Traitement : antispasmodiques, souvent résolution spontanée en 2-4h.

La colique par engorgement : Amas de crottins dans le côlon. Cause : manque d'eau, alimentation trop sèche, parasitisme. Traitement : huile de paraffine par sonde naso-gastrique, lavements, fluidification.

La colique par tympanisme : Accumulation de gaz dans le gros intestin. Cause : aliments fermentescibles (herbe jeune, légumineuses), changement alimentaire. Traitement : antispasmodiques, marche forcée pour mobiliser le gaz.

La colique par torsion (volvulus) : Le plus grave. Une anse intestinale se tord sur elle-même, provoquant une occlusion et une ischémie rapide. Urgence chirurgicale absolue. Taux de mortalité sans chirurgie : 100%. Avec chirurgie dans les 4 premières heures : 50-70% de survie.

La colique thrombo-embolique : Artères intestinales bouchées par des larves de strongles (vers parasites). Cause principale : sous-vermifugation.

Reconnaître une Colique

Signes précoces :

  • Cheval qui se couche et se relève fréquemment
  • Gratte le sol avec les antérieurs
  • Regarde ses flancs avec insistance
  • Transpiration localisée aux flancs
  • Refus de l'alimentation
  • Baisse de production de crottins
  • Signes graves (urgence vétérinaire immédiate) :

  • Se roule violemment et ne peut pas se relever
  • Membrane muqueuse rouge foncé ou bleutée
  • Pouls au-dessus de 60 battements/minute
  • Gencives sèches et collantes
  • Douleur ne répondant pas aux antalgiques usuels
  • Que faire en attendant le vétérinaire :

  • Appelez le vétérinaire immédiatement
  • Faites marcher le cheval doucement (20 minutes par heure) — cela mobilise les gaz et évite les positions traumatisantes
  • Ne donnez ni médicament ni nourriture sans instruction vétérinaire
  • Notez l'heure du début des symptômes, la fréquence du pouls si vous savez la prendre, la couleur des muqueuses
  • Prévention

  • Eau propre en permanence et en quantité (un cheval boit 30-50 litres par jour)
  • Transitions alimentaires progressives sur minimum 10 jours
  • Vermifugation régulière (2 fois par an) avec coproculture préalable
  • Foin à volonté (évite les périodes de jeûne qui augmentent l'acidité gastrique)
  • Exercice régulier (stimule le transit)
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    La Fourbure : Une Douleur Chronique Invalidante

    Définition

    La fourbure (laminite en termes médicaux) est une inflammation des lames du sabot — les structures qui suspendent le pédal dans l'étui corné. Dans les cas graves, le pédal "tombe" en rotation et peut traverser la sole : on parle d'enfoncement ou de rotation du pédal, séquelle permanente.

    Causes

    Alimentaire (la plus fréquente) :

  • Excès de graminées riches en fructanes (herbe de printemps, pousse d'automne)
  • Surcharge en amidon (grains en excès)
  • Obésité (poneys et cobs particulièrement sensibles)
  • Post-colique ou post-maladie grave : Lors d'un choc endotoxique, les toxines libérées atteignent la circulation des sabots.

    Concussion mécanique : Travail excessif sur sol dur — rares mais existants chez les chevaux de compétition.

    Syndrome de Cushing équin (PPID) : Maladie hormonale des chevaux âgés, favorisant la fourbure récurrente.

    Reconnaître une Crise de Fourbure

  • Cheval "réticent" aux antérieurs, refuse de marcher
  • Posture caractéristique : postérieurs avancés sous le ventre, antérieurs portés en avant pour se décharger
  • Chaleur anormale des sabots (normalement froids)
  • Battement de l'artère digitale palmaire (pouls digital fort)
  • En crise sévère : incapacité totale à se lever
  • Traitement d'Urgence

    Appelez le vétérinaire immédiatement. En attendant :

  • Mettez le cheval dans une litière profonde et molle (sable idéal, paille épaisse)
  • Appliquez de la glace sur les sabots (action anti-inflammatoire)
  • Retirez toute nourriture (particulièrement le foin riche)
  • Ne forcez pas la marche
  • Séquelles et Gestion à Long Terme

    La fourbure laisse souvent des séquelles : rotation ou enfoncement du pédal, déformations de la corne (cerceaux de fourbure visibles sur le sabot). Un cheval fourbeux chronique nécessite :

  • Un maréchal-ferrant spécialisé en orthopédie (ferrage thérapeutique)
  • Une alimentation strictement contrôlée en sucres
  • Un suivi radiographique annuel
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    La Tendinite : Le Cauchemar du Cheval de Sport

    Anatomie des Tendons du Membre Antérieur

    Les tendons les plus vulnérables sont ceux de la face postérieure du canon antérieur :

  • Le tendon fléchisseur superficiel des doigts (TFSD) : court le long du canon, visible et palpable
  • Le tendon fléchisseur profond des doigts (TFPD) : plus profond, passe sous le TFSD
  • Ces tendons transmettent la force musculaire de l'avant-bras jusqu'au sabot. Lors d'un effort intense, d'un faux-pas ou d'une fatigue musculaire, des fibres tendineuses se rompent. C'est la tendinite.

    Types de Tendinites

    La tendinite aiguë : Survient après un effort intense sur terrain difficile, ou lors d'un mouvement brutal. Douleur vive, gonflement important, chaleur locale. Urgence vétérinaire.

    La tendinite chronique : Accumulation de micro-lésions sur un tendon "fatigué". Gonflement chronique sans douleur marquée — le "tendon chaud" habituel. Risque de rupture complète si le travail continue.

    Reconnaître une Tendinite

  • Boiterie d'intensité variable (légère à sévère)
  • Chaleur localisée sur la face postérieure du canon
  • Gonflement ("boulet chaud", "tendon enflé")
  • Douleur à la pression sur le trajet du tendon
  • L'échographie tendineuse est l'examen de référence. Elle visualise les fibres, quantifie les lésions et oriente le pronostic.

    Traitement et Convalescence

    Phase aiguë (0-48h) : Glace toutes les 4 heures, boxe strict, anti-inflammatoires injectables ou oraux.

    Phase subaiguë (48h-3 semaines) : Bandage de soutien, balnéothérapie (eau froide), kinésithérapie équine.

    Convalescence longue (3-18 mois selon la gravité) : Reprise progressive du travail selon protocole vétérinaire. La retendinite (récidive) est très fréquente si la reprise est trop rapide.

    Traitements régénératifs récents :

  • PRP (Plasma Riche en Plaquettes) : injection de facteurs de croissance dans le tendon lésé
  • Cellules souches : technique en développement, résultats prometteurs
  • Ondes de choc extracorporelles : stimulation mécanique de la régénération tissulaire
  • Prévention

  • Échauffement systématique (15 min de pas avant tout effort)
  • Sols adaptés au niveau du travail (éviter les sols durs pour le galop)
  • Protections des membres au travail (boots ou bandes)
  • Alimentation supportant la qualité du tissu tendineux (acides aminés essentiels, collagène)
  • Éviter la fatigue musculaire (cause première des faux-pas)
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    La Gourme : La Maladie Respiratoire de l'Écurie

    Définition

    La gourme est une maladie infectieuse bactérienne causée par Streptococcus equi equi, très contagieuse dans les collectivités équines (centres équestres, haras, hippodromes).

    Signes Cliniques

  • Fièvre soudaine (39-41°C)
  • Jetage nasal abondant (transparent puis mucopurulent)
  • Abcès des nœuds lymphatiques de la tête et de l'encolure (ganglions sous la gorge)
  • Toux sèche, dysphagie (difficulté à avaler)
  • Abattement, anorexie
  • Évolution

    Dans la majorité des cas (85-90%), la gourme évolue favorablement en 3-4 semaines. Les abcès percèrent spontanément ou seront drainés par le vétérinaire. Le cheval acquiert une immunité naturelle pendant 6 à 12 mois.

    Complications graves (10-15%) : gourme "bâtarde" avec atteinte d'organes internes (poumons, abdomen) — potentiellement fatale.

    Prévention

    Vaccination disponible (Equilis Strepvac ou Equip Strep) — protection partielle mais réduction de la sévérité des cas. Quarantaine stricte de tout animal présentant des symptômes respiratoires.

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    Le MCNS (Maladie Chronique Non Spécifique des Voies Respiratoires)

    Anciennement appelé "pousse" ou emphysème pulmonaire, le MCNS (Maladies des Chevaux avec Non-spécificité Respiratory Disease) est l'équivalent équin de l'asthme humain.

    Causes

  • Environnement poussiéreux (foin sec, litière poussiéreuse)
  • Allergènes fongiques dans le foin (Aspergillus, Alternaria)
  • Aérosols chimiques dans les écuries (ammoniaque de l'urine)
  • Signes

  • Toux chronique (sèche et répétitive après l'effort ou dans les espaces clos)
  • Essoufflement excessif après effort normal
  • "Ligne de pousse" : hypertrophie visible des muscles abdominaux sur les flancs
  • Jetage nasal discret
  • Traitement

    Il n'existe pas de guérison définitive, mais la gestion permet une vie normale :

  • Paillage aux copeaux de bois (moins poussiéreux que la paille)
  • Foin trempé ou enrubannage (supprime les spores)
  • Mise au pré maximale
  • Bronchodilatateurs et corticoïdes en phase aiguë (usage vétérinaire)
  • La prévention de ces maladies repose sur trois piliers : la vigilance quotidienne du cavalier, le suivi vétérinaire régulier, et une gestion rigoureuse de l'alimentation et de l'environnement. Un cheval sain est un cheval qui peut travailler, progresser et vous offrir des années de partenariat.

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